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1. Les types de documents

Les documents qui servent à faire circuler les informations scientifiques sont multiples et se retrouvent sur des supports variés.

La classification la plus courante distingue les documents conventionnels et les documents non conventionnels. Cette distinction concerne surtout les circuits de diffusion.

Un livre publié chez un éditeur sera qualifié de conventionnel alors qu'un rapport non publié, avec une diffusion réduite, issu d'un laboratoire ou d'un centre de recherche, sera qualifié de non conventionnel.

Pour les documents non conventionnels, on parle aussi de littérature grise ou souterraine.

D'autres distinctions peuvent être observées : documents en libre accès ou non, documents à un (un livre) ou deux niveaux (un article dans un périodique), documents électroniques ou imprimés...

a. Le livre

Aussi appelé monographie (s'il traite d'un seul sujet), le livre a par définition plus de 48 pages. Pour le décrire (référence bibliographique), le retrouver, l'identifier, il présente plusieurs caractéristiques :

  • un ou plusieurs auteurs ;

  • un titre ;

  • une date d'édition ;

  • un numéro d'ISBN (International Standard Book Number)[39] ;

  • un éditeur ;

  • un nombre de pages.

Pour trouver ces informations, il faut regarder[40] :

  • la page de titre (la page 3 en général) pour identifier le(s) auteur(s), le titre officiel du livre[41], le sous-titre éventuel et le nom de la collection ;

  • la page du copyright (le verso de la page de titre) pour identifier la date d'édition, le nom de l'éditeur et le numéro d'ISBN.

La "quatrième de couverture" (arrière du livre), la préface ou l'avant-propos ainsi que la table des matières donnent une idée précise du contenu du livre.

La table des matières et les index permettent de trouver une information précise dans le livre, généralement divisé en parties et chapitres.

Un livre avec la première et la dernière de couverture, la page de titre et la page du copyright.

Figure 5.1. Un livre avec la première et la dernière de couverture, la page de titre et la page du copyright.


Pour retrouver et localiser un livre dans la bibliothèque, on utilise le catalogue.

b. Le périodique et ses articles

Le périodique, aussi appelé revue (ou journal en anglais), est une publication qui parait à intervalles réguliers et est une source d'information permanente sur l'actualité scientifique.

Les périodiques sont identifiés par un numéro unique, l'ISSN (International Standard Serial Number)[42].

Le registre de l'ISSN, basé à Paris[43], recense un peu plus de 1 200 000 titres de périodiques publiés dans le monde. Parmi ceux-ci, moins de 10 %[44] sont des périodiques qui traitent de matières scientifiques. On estime à 35 000[45] le nombre de périodiques scientifiques (scholarly journals) en sciences et sciences appliquées de rang A (de niveau international, avec comité de lecture). Parmi ces 35 000, moins de 8 000 ont un facteur d'impact.

En science, les périodiques sont les documents scientifiques les plus importants, par leur contenu et par leur nombre.

Le périodique scientifique remplit cinq fonctions essentielles :

  • la diffusion de l'information (le chercheur souhaite être lu par un maximum de personnes) ;

  • l'enregistrement de cette information (notion d'antériorité) ;

  • sa validation (validation par les "pairs") ;

  • son archivage (principalement par les bibliothèques) ;

  • et l'évaluation des chercheurs (la liste des articles publiés par un chercheur constitue la part la plus importante des dossiers de promotion des chercheurs[46]).

Il est devenu essentiel dans le dialogue entre les chercheurs. Il dégage les questions sans réponse, décrit les travaux en cours, donne les conclusions des recherches récemment abouties, décrit des applications de la recherche et fait l'état des connaissances.

Pour le périodique, l'unité documentaire[47] est l'article. Pour rédiger la description bibliographique d'un article dans un périodique, on décrit l'article lui-même. On décrit ensuite sa source (le document hôte). On parle d'une description à deux niveaux. Pour trouver un article publié dans un périodique, on utilisera un outil de recherche documentaire.

Actuellement, 44 % des périodiques en sciences et sciences appliquées donnent accès à une version électronique[48]. Cette proportion est en augmentation constante.

La revue BASE et ses articles.

Figure 5.2. La revue BASE et ses articles.


Les grands éditeurs commerciaux comme Elsevier, Springer ou Wiley proposent des "bouquets" de périodiques sous forme de big deals[49], donnant accès à une très grande quantité d'articles. Plusieurs d'entre eux imposent maintenant le passage à l'electronic only, faisant disparaitre les versions imprimées des rayons des bibliothèques.

Actuellement, la liste gratuite la plus complète de périodiques électroniques est l'Electronic Journal Library[50] produite par la Max Plank Society. Elle reprend les principaux titres de périodiques électroniques existants. Pour chaque titre, cette base de données donne les principales caractéristiques et un lien vers le site de l'éditeur.

c. L'ouvrage collectif

L'ouvrage collectif n'est pas un ouvrage écrit par plusieurs auteurs. C'est un ouvrage, sur un seul sujet, qui contient plusieurs participations (articles/chapitres) avec pour chacune, un ou plusieurs auteur(s) et un titre spécifique. Il est aussi appelé livre ou ouvrage édité (edited book).

Comme pour les articles de périodiques, les participations sont intégrées dans un document hôte. Ce document hôte, l'ouvrage collectif, est réalisé sous la direction d'un (ou plusieurs) éditeur(s) scientifique(s) qui coordonne(nt) le travail des auteurs des différentes participations (articles/chapitres).

Il est publié par un éditeur qui se charge de la mise en page, de l'impression, de la diffusion (publicité) et de la vente.

Comme pour un article, la description bibliographique d'une participation est à deux niveaux : la participation elle-même et l'ouvrage collectif.

d. Le compte rendu de congrès

Le principe d'un compte rendu de congrès est comparable à celui d'un ouvrage collectif (plusieurs participations dans une monographie) mais ici l'éditeur scientifique peut aussi être l'organisateur de la manifestation (congrès, colloque, conférence, symposium...).

Pour la description bibliographique, le titre doit idéalement contenir le titre de la manifestation, le lieu et la date exacte.

Les comptes rendus de congrès sont souvent des documents non conventionnels, il faut donc être très précis dans le titre pour permettre au lecteur de bien identifier et retrouver le document.

Comme le travail d'édition d'un compte rendu de congrès peut prendre plusieurs mois, la date d'édition peut être différente de la date du congrès. Les deux dates apparaissent dans la référence bibliographique mais c'est la date d'édition qui est utilisée dans la citation[51].

e. Le rapport, la thèse...

Les rapports et les thèses constituent typiquement la littérature non conventionnelle.

Dans les documents non conventionnels, que l'on trouve également en bibliothèque, il y a aussi les mémoires (travaux de fin d'études), les rapports de stages, les textes de cours (syllabus ou usuels) et les études non diffusées.

Il n'existe en général que quelques exemplaires de ces documents, ce qui les rend rares et difficiles à trouver.

Certains rapports et les thèses universitaires sont cependant de plus en plus souvent accessibles en ligne, parfois même en libre accès dans les dépôts institutionnels des universités.

f. L'ouvrage de référence

Également appelé "usuel", l'ouvrage de référence donne une quantité impressionnante d'informations.

C'est souvent le passage obligé lors d'une recherche d'information. Traditionnellement imprimé, les versions électroniques accessibles via Internet remplacent progressivement les versions imprimées.

Dans les ouvrages de référence, on retrouve les dictionnaires explicatifs, les dictionnaires traductifs, les encyclopédies, les répertoires spécialisés, les annuaires, les lexiques, les thésaurus et les recueils de données.

Sur Internet[52], on peut maintenant trouver des dictionnaires et des encyclopédies avec un accès gratuit (Larousse, Wikipédia) ou à un tarif peu élevé (l'accès à Universalis coute 79 € par an).

Le cas de Wikipédia (comme des autres outils collaboratifs) est par ailleurs un peu particulier. Contrairement aux encyclopédies classiques qui confient la rédaction de tous les articles à des rédacteurs professionnels, spécialisés dans les domaines qu'ils traitent, dans Wikipédia les articles sont rédigés et modifiés par n'importe quel internaute.

La garantie de qualité, en principe assurée par la possibilité donnée à tous de corriger d'éventuelles erreurs, reste malgré tout une garantie légère.

Un article dans Wikipédia est validé par sa popularité et non par une évaluation scientifique impartiale. Cela ne signifie pas que tout y soit faux mais qu'il est indispensable de conserver une bonne attitude critique devant ce genre de sources.

g. Le brevet

Un brevet est un droit exclusif et à durée déterminée d'exploitation d'une invention. Cette protection (droit exclusif d'exploitation) est octroyée en échange d'une divulgation de l'invention.

Le titulaire d'un brevet jouit, pendant un certain temps, du droit d'interdire aux tiers d'utiliser et de copier son invention.

Pour obtenir un brevet, l'invention doit être nouvelle, inventive, susceptible d'une application industrielle et, évidemment, licite. Ces exigences sont vérifiées par l'organisme délivrant les brevets.

Le brevet s'applique à un produit, un résultat ou un procédé.

L'écran de recherche Esp@cenet.

Figure 5.3. L'écran de recherche Esp@cenet.


Principaux sites de brevets :



[39] Il est composé de 13 chiffres (avec codage EAN-13 pour la transformation en codes à barres) et est associé à chaque édition d'un livre. Pour la Belgique, la France et les pays d'Afrique francophone, les ISBN sont gérés par l'Agence Francophone pour la Numérotation Internationale du Livre (AFNIL).

[40] Dans certains ouvrages on consulte aussi le "colophon" ou l'"achevé d'imprimer", à la fin du livre, pour retrouver ces informations.

[41] Le titre imprimé sur la couverture a pour objectif d'attirer le lecteur par certaines mises en valeur. Il peut être différent du titre officiel du livre.

[42] Il est composé de huit chiffres. Il existe aussi un e-ISSN attribué aux périodiques électroniques et aux versions électroniques des périodiques imprimés.

[43] http://www.issn.org/ (accès gratuit aux statistiques et payant au registre).

[44] 107 430 d'après UlrichsWeb (13/06/2014).

[45] Même source.

[46] L'expression "Publish or Perish" (publier ou périr) utilisée pour la première fois par Hetzel (1973) illustre cette obligation, tantôt tacite tantôt explicite, imposée aux chercheurs.

[47] Le document qui est cité dans une bibliographie.

[48] D'après UlrichsWeb (13/06/2014). Par ailleurs, 7,5 % d'entre eux n'ont pas ou plus de version imprimée (couts d'impression et de distribution éludés).

[49] Ils donnent accès à tous leurs titres, ou à une partie de ceux-ci, au format électronique. Le prix moyen de chaque titre est faible mais comme ces contrats concernent plusieurs centaines de titres, le cout global est élevé, avec une croissance de 3 à 7% par an. Même si le prix unitaire, par titre, est raisonnable, seulement 10 à 15% de ceux-ci sont d'un intérêt majeur. Ce type de contrat pourrait être considéré comme de la vente forcée.

[51] Par exemple : (Dupont, 2010) pour un compte rendu de congrès publié en 2010 mais qui aurait eu lieu un ou deux ans plus tôt.

[52] Le portail Lexilogos permet d'identifier pas mal d'outils.

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