Les traitements de textes

Traditionnellement et à cause du monopole de son éditeur, c’est le logiciel Word qui est le plus souvent utilisé pour la rédaction de textes. Des alternatives existent pourtant.

Du côté des traitements de texte, il y a par exemple la suite bureautique LibreOffice, une alternative libre, en open source. Cette suite propose des outils comparables, fonctionnant sur toutes les plateformes (Windows, Mac-OS ou LINUX).

On peut aussi faire le choix du travail en ligne et utiliser l’éditeur de Google docs, traitement de texte relativement complet. Cet outil permet de travailler à plusieurs sur un même document. Le document est enregistré en ligne et est accessible à partir de n’importe quel ordinateur équipé d’un navigateur Internet. Il permet d’exporter le texte fini dans les formats les plus courants (docx, odt, pdf, epub, html et txt).

Les traitements de texte sont cependant des programmes complexes avec de multiples fonctions dont certaines sont rarement voire jamais utilisées.

À l’origine, le traitement de texte avait pour objectif de remplacer la machine à écrire afin de produire des pages imprimées. Les traitements de texte comme WordStar ou WordPerfect permettaient d’accéder au code et de contrôler la mise en page. Avec l’orientation WYSIWYG (What You See Is What You Get, autrement dit, ce que vous voyez à l’écran est ce que vous aurez comme résultat imprimé), l’accès au code a progressivement disparu. Il est dès lors souvent ardu de comprendre et modifier certaines erreurs de mise en page. De plus, les documents qu’ils produisent maintenant ne sont plus adaptés aux consultations les plus courantes, à l’écran (Dehu, 2018).

Le format propriétaire des traitements de texte est aussi un problème. Nous n’avons aucune garantie de pouvoir ouvrir un document sans la licence d’utilisation ou avec une version plus récente (tout particulièrement pour Word, même avec le nouveau format docx qui donne théoriquement la possibilité d’ouvrir les fichiers xml qui constituent le document).

… et je ne parle pas des menus qui, pour certains logiciels, occupent presque un quart de l’écran et ressemblent de plus en plus à une usine à gaz.

Les éditeurs de textes

Avec les nouveaux modes de consultation (à l’écran), il faut au minimum pouvoir produire des fichiers html (des pages web), ePub (un fichier compressé, créé pour les liseuses électroniques, contenant un ensemble de pages html) et pdf (entre autre pour une impression de qualité).

Ces formats nécessitent une structure stricte pour un résultat de qualité. Ils sont en général de mauvaise qualité lorsqu’ils sont produits par un traitement de texte. Il faut impérativement remplacer une pseudo-structuration esthétique (majuscules, taille, gras, italique, souligné et styles aléatoires des traitements de texte pour signifier la structure d’un texte) par une structuration sémantique stricte permettant aux « machines » de comprendre la structure d’un texte et de la répercuter esthétiquement et fonctionnellement.

LaTeX, un format à part, résout le problème du codage et de la structure. Plusieurs logiciels libres permettent d’éditer des fichiers LaTeX (le plus connu et les plus simple d’utilisation est TexEdit). Il sépare le fond et la forme et vous donne le contrôle total sur votre texte. C’est le logiciel qui se charge de la mise en page finale en fonction de vos instructions (Pierre, 2017). Il est cependant difficile à maîtriser. Il est surtout adopté par certaines professions (ingénieurs, mathématiques ou informatique).

La meilleure solution (adoptée pour la rédaction de ce papier) est probablement l’utilisation du format Markdown. C’est un langage de balisage léger, simple à lire, à écrire et à mémoriser. Il a été créé en 2004 par John Gruber. C’est le langage idéal pour se concentrer sur la rédaction d’un document sans se préoccuper de la mise en page (Dehu, 2018).

Les fichiers Markdown peuvent être écrits et lus avec un simple éditeur de texte ou avec un logiciel orienté MarkDown (comme les logiciels Typora (gratuit mais non libre) ou zettlr (libre), l’app Androïd Markor ou le logiciel en ligne Stackedit qui permet de rédiger à plusieurs sur un même texte), présentant des interfaces dépouillées (jusqu’à la page blanche) et permettant aux auteurs de se concentrer sur la rédaction sans se préoccuper de la mise en page finale du document. Le format par défaut de tous les textes sur la plateforme Github est aussi … Markdown.

Enfin, le format Markdown peut être aisément converti dans une multitude de formats de sortie (Masutti, 2015), directement à partir de l’interface de l’éditeur (voir ci-dessus) ou avec Pandoc (Bonjour, 2014). Ces éditeurs, ainsi que Pandoc, sont libres … évidemment.

À vos plumes !

B

(cet article est repris en grande partie du chapitre 14 du manuel « Comprendre et maîtriser la littérature scientifique »)

Bonjour J.-D., 2014. Élaboration et conversion de documents avec Markdown et Pandoc. EPFL-ENAC-IT, https://enacit1.epfl.ch/markdown-pandoc/#le-convertisseur-pandoc.

Dehut J., 2018. En finir avec Word ! Pour une analyse des enjeux relatifs aux traitements de texte et à leur utilisation. L’Atelier Des Savoirs, (23 janvier 2018), 1–17, https://eriac.hypotheses.org/80, (31/07/2018).

Masutti C., 2015. Un aperçu de Pandoc Présentation. STATIUM BLOG, https://statium.link/blog/2015/07/24/un-apercu-de-pandoc/, (31/07/2018).

Pierre A., 2017. De l’avantage de LaTeX sur les traitements de texte modernes, https://aurelienpierre.com/de-lavantage-de-latex-sur-les-traitements-de-texte-modernes/, (31/07/2018).