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Ces pages sont consacrées à l'écriture académique avec Markdown et Pandoc.

Ce site propose une réflexion sur nos outils et méthodes d'écriture académique.

Avec le numérique et ce qu'il peut nous offrir mais aussi ce qu'il a tendance à nous imposer, il devient nécessaire de s'arrêter un moment.

Cette réflexion est alimentée par les principes :

Édition numérique

Avec les nouveaux modes de consultation (à l’écran essentiellement), l’édition numérique va au minimum produire des fichiers de type html (des pages web), ePub (créés pour les liseuses électroniques) et pdf (entre autres pour une impression de qualité).

Alors que l’édition traditionnelle se concentre sur la qualité esthétique du document et de la page imprimée, l’édition numérique va plutôt se concentrer sur la qualité des fichiers utilisés pour la publication dans ses différents formats (Fauchié, 2018).

Ce changement de point focal permet de proposer des processus plus ouverts. Ils sont basés sur les principes du Single Source Publishing et utilisent un fichier unique (ou un ensemble de fichiers, comme pour ce site web) pour produire un même contenu dans différents formats.

La démarche de la publication numérique consiste dès lors à remplacer une pseudo-structuration esthétique (majuscules, tailles, gras, italiques, soulignés ou styles aléatoires des traitements de texte pour signifier la structure d’un texte) par une structuration sémantique stricte permettant aux logiciels utilisés de "comprendre" la structure d’un texte et de la répercuter esthétiquement et fonctionnellement.

Produire un document pdf avec un traitement de texte (Word) ou avec un logiciel de mise en page (InDesign) n'est donc pas de l'édition numérique.

L'utilisation de fichiers au format "texte", balisés avec Markdown et transformés avec Pandoc, repose sur le principe de l'édition numérique. À partir d'une même source (fichier(s)) cette méthode permet de produire une grande quantité de formats de fichiers différents.

La science ouverte

L'UNESCO a publié en 2021 un rapport de synthèse de "Recommandation de l’UNESCO sur une science ouverte". Pour l'UNESCO,

"la science ouverte s’entend comme un concept inclusif qui englobe différents mouvements et pratiques visant à rendre les connaissances scientifiques multilingues, librement accessibles à tous et réutilisables par tous, à renforcer la collaboration scientifique et le partage des informations au profit de la science et de la société, ainsi qu’à ouvrir les processus de création, d’évaluation et de diffusion des connaissances scientifiques aux acteurs de la société au-delà de la communauté scientifique traditionnelle.

Elle inclut toutes les disciplines scientifiques et tous les aspects des pratiques savantes, y compris les sciences fondamentales et appliquées, les sciences naturelles et les sciences sociales et humaines, et repose sur les piliers essentiels suivants : les connaissances scientifiques ouvertes ; les infrastructures de la science ouverte ; la communication scientifique ; la participation ouverte des acteurs de la société ; et le dialogue ouvert avec les autres systèmes de connaissances".

Les axes de la science ouverte

 

En matière d'écriture académique, ces principes nous incitent à ouvrir l'ensemble de nos textes, dans des formats ouverts indépendamment des outils utilisés.

Avec l'usage de Markdown, ce sont également les outils qui sont ouverts, au delà des formats eux-mêmes. Les logiciels libres sont d'ailleurs un des axes de la science ouverte (figure ci-dessus).

Écologie numérique et du développement durable

Le développement durable passe par l'utilisation de logiciels ouverts et libres. Il intègre l'utilisateur dans une communauté durable sans attendre le bon vouloir des éditeurs propriétaires des produits et des services. L'utilisation de logiciels libres réduit la menace de l'obsolescence prévisible par défaut de support sur le moyen terme et surtout l'utilisation de technologies nécessitant toujours plus de puissance qui raccourcit la durée de vie du matériel qui reste lui aux mains de l'industrie (European Union, 2021).

Utiliser Markdown, c'est aussi revenir aux principes du low-tech et de la sobriété numérique (voir article Humanités Numériques et GreenIT). Le modèle proposé dans ces pages permet de se passer de logiciels complexes et énergivores. Il permet de revenir à des méthodes qui vont à l'essentiel en faisant les choses dans l'ordre, écrire, illustrer, éditer puis publier, de manière durable et sans perte de temps et d'énergie inutiles.

Les neuf piliers du low-tech

 

Ouverture (et non cloisonnement)

La chaîne logicielle basée sur Markdown et Pandoc va répondre à des objectifs de simplification, d'ouverture, de qualité et de durabilité.

En première analyse, on pourrait penser que, pour des questions de formats et de logiciels, ses utilisateurs vont se couper d'un ensemble de réseaux et de pratiques, qu'ils ne vont pas pouvoir échanger avec des collègues qui travaillent de manière plus classique, avec un traitement de texte, qu'ils ne vont pas pouvoir fournir leurs textes dans les formats exigés par les éditeurs.

Il n'en est rien. L'intérêt d'associer Pandoc (un logiciel) avec Markdown (un format) dans la chaîne logicielle facilite au contraire les échanges entre formats et donc entre acteurs. Pandoc peut être installé sur toutes les plateformes (Windows, OSX ou Linux). Il peut "lire" et aussi "produire" des fichiers de traitement de texte (docx, odt...). Lire à ce propos le billet d'Arthur Perret, Markdown et traitement de texte : une méthode pour collaborer.

Des ajustements sont parfois nécessaires mais le format et la méthode ne sont jamais un obstacle aux échanges et à la collaboration.

Objectifs

Ce site a en définitive plusieurs objectifs :

Pour appuyer l'intérêt de l'utilisation de Markdown, une page est consacrée à la nécessaire structuration d'un document et à l'impérative séparation du fond et de la forme à toutes les étapes de la rédaction d'un document, que ce soit un article, un livre (sous différents formats), un rapport, une thèse ou une présentation (un chapitre est aussi consacré à la création de présentations professionnelles).

Ce site propose une introduction à ces outils mais il n'en est pas pour autant limité aux seuls débutants. L'idée est de revenir aux fondamentaux et donc de ne pas essayer de reproduire coûte que coûte tout ce qui est possible avec un traitement de texte classique (dont on peut se passer). Si la solution est en définitive trop complexe, le choix de Markdown n'a plus beaucoup de sens. Pour ceux qui veulent néanmoins aller "plus loin", quelques commandes supplémentaires et quelque pistes sont proposées dans la page Sources.